Données en vie réelle et études de cohortes en dermatologie et rhumatologie
Cohortes IMID de l’Assurance Maladie française
Nous menons des études de cohortes nationales en population générale en utilisant le système national des données de santé (Système National des Données de Santé [SNDS]). Ainsi, pour évaluer l’efficacité et la sécurité des stratégies thérapeutiques, nous utilisons les données de plus de 400 000 patients atteints d’IMID traités par biothérapies ou traitements synthétiques ciblés.
Par exemple :
- 100 000 patients atteints de polyarthrite rhumatoïde.
Development and validation of a predictive model for the risk of serious infection in patients with rheumatoid arthritis initiating a biologic or targeted synthetic DMARD: a nationwide cohort study
https://doi.org/10.1093/rheumatology/keaf644
- 15 000 patients atteints de rhumatisme psoriasique.
Influence of sex on the persistence of different classes of targeted therapies for psoriatic arthritis: a cohort study of 14 778 patients from the French health insurance database (SNDS)
https://doi.org/10.1136/rmdopen-2023-003570
- 50 000 patients atteints de psoriasis.
Risk of Inflammatory Bowel Disease in Patients With Psoriasis and Psoriatic Arthritis/Ankylosing Spondylitis Initiating Interleukin-17 Inhibitors: A Nationwide Population-Based Study Using the French National Health Data System
https://doi.org/10.1002/art.41923
Nous actualisons ces données en fonction des projets de recherche des membres de l’équipe.
Nous sommes en mesure d’identifier les patients, d’étudier les trajectoires thérapeutiques ainsi que les critères d’efficacité et de sécurité grâce aux informations issues des soins ambulatoires et hospitaliers. En effet, le SNDS couvre 99 % de la population vivant en France, soit 67 millions d’individus, et contient des données individuelles anonymisées : données démographiques, délivrances de médicaments en ambulatoire, informations hospitalières (date d’admission, durée de séjour, diagnostics de sortie codés selon la Classification Internationale des Maladies, 10ème révision [CIM-10], et actes réalisés durant l’hospitalisation selon la classification française des actes médicaux [CCAM]) ainsi que le statut d’affection de longue durée (ALD), permettant une couverture complète des dépenses de santé liées à la maladie.
La plateforme IMTEGRATE : structurer les données pour mieux comprendre les maladies inflammatoires
L’équipe Epilogy (Émilie Sbidian), avec le service d’Immuno-rhumatologie (Raphaele Seror) de l’hôpital Bicêtre (AP-HP), lance la plateforme IMTEGRATE, dédiée aux maladies inflammatoires à médiation immunitaire (IMID) telles que la polyarthrite rhumatoïde, le psoriasis et les spondylarthrites. S’appuyant sur son expertise dans la structuration des données de l’Entrepôt de Données de Santé (EDS) de l’AP-HP et leur chaînage avec le SNDS, elle proposera :
- La réalisation d’études épidémiologiques et de pharmacoépidémiologie en vie réelle grâce à la création de cohortes de patients atteints d’IMID.
- L’accès à des analyses de cohortes permettant d’évaluer le rapport bénéfice/risque des traitements des IMID en phase post-AMM (phase IV), d’étudier les traitements hors AMM (fréquents dans les maladies dysimmunes), de fournir un bras comparateur externe ou des recherches in silico, de décrire la sévérité des pathologies, et d’aider à l’inclusion dans les essais randomisés (identification des patients éligibles).
- Pour les partenaires industriels, un accompagnement méthodologique et statistique, avec des analyses du parcours de soins, de la consommation et de la pénétration des traitements, ainsi que de la tolérance et/ou de l’efficacité.
Revues systématiques et méta-analyses pour évaluer le rapport bénéfice/risque des traitements du psoriasis
Depuis 2018, nous menons, en collaboration avec Cochrane Skin, une revue systématique vivante et une méta-analyse en réseau afin d’évaluer l’efficacité et la sécurité relatives de l’ensemble des traitements approuvés et en développement pour le psoriasis modéré à sévère.
Traitements médicamenteux systémiques du psoriasis chronique en plaques : une méta‐analyse en réseau
https://doi.org/10.1002/14651858.CD011535.pub7
La version la plus récente, publiée en 2025, incluait 207 essais et 67 889 participants.
En parallèle, nous réalisons une méta-analyse sur données individuelles, qui inclut à ce jour 70 de ces essais, permettant d’enrichir les résultats avec des données d’efficacité et de sécurité en fonction des caractéristiques des patients. Par ailleurs, nous menons une méta-analyse en réseau fondée à la fois sur des données d’essais et des études observationnelles afin d’obtenir des données plus complètes sur les effets indésirables graves.
Effets indésirables graves associés aux traitements systémiques du psoriasis : une méta-analyse en réseau d’études observationnelles et d’essais contrôlés randomisés
https://doi.org/10.1002/14651858.CD015263
Les données agrégées et les données individuelles (IPD) constituent des sources essentielles pour l’élaboration de recommandations sur le traitement du psoriasis, la création de bases de données destinées à la construction d’algorithmes décisionnels, ainsi que la réalisation d’études de méta-recherche visant à améliorer la conception et la présentation des essais évaluant les traitements systémiques du psoriasis.
Cohorte APACHE
Nous menons une étude de cohorte prospective nationale multicentrique la Cohorte APACHE (une cohorte de rhumatisme psoriasique), conçue pour caractériser l’évolution précoce du rhumatisme psoriasique en France (Pascal Claudepierre). La cohorte vise à inclure 425 patients, et une analyse des 193 premiers participants a déjà été publiée.
Rhumatisme psoriasique très récent : caractéristiques des 193 premiers patients inclus dans la cohorte APACHE et influence du sexe
https://doi.org/10.1016/j.rhum.2024.10.313
Cohorte DESIR
En parallèle, notre équipe est activement impliquée dans d’autres grandes cohortes observationnelles, notamment la Cohorte DESIR (cohorte française de spondyloarthrite indifférenciée) qui suit 708 patients atteints de spondyloarthrite axiale avec un suivi prévu jusqu’à 20 ans. Nous participons à son comité scientifique (Pascal Claudepierre, Laura Pina Vegas) ainsi qu’à son comité de coordination (Laura Pina Vegas).
