Introduction
Le risque infectieux des biothérapies récentes dans le psoriasis reste insuffisamment étudié.
Objectif
Évaluer simultanément les risques d’infections prises en charge en hospitalisation et en ambulatoire sous biothérapies dans le psoriasis.
Méthodes
À partir du Système National des Données de Santé français (2013-2022), nous avons mené une étude de cohorte incluant 39 669 adultes atteints de psoriasis initiant une biothérapie. Les biothérapies ont été comparées selon (i) le délai avant hospitalisation pour infection, (ii) le délai avant première dispensation d’anti-infectieux en ambulatoire, et (iii) la proportion de jours couverts par des anti-infectieux sur 2 ans.
Résultats
Pendant l’exposition aux biothérapies, les infections prises en charge en hospitalisation survenaient à un taux de 27,1 pour 1000 personnes-années, et la couverture médiane par anti-infectieux systémiques était faible (5,5 % ; IC à 95 % : 2,6-11,5). En prenant comme référence la biothérapie la plus prescrite, l’adalimumab : (i) le risque d’infection nécessitant une hospitalisation était plus faible avec l’ustekinumab, le sécukinumab et le risankizumab ; (ii) l’utilisation initiale d’antibactériens était plus élevée avec le certolizumab et plus faible avec l’ustekinumab, le guselkumab et le risankizumab ; et (iii) la couverture par antibactériens était plus faible avec l’ustekinumab, le sécukinumab, l’ixekizumab, le risankizumab et le tildrakizumab ; une couverture antifongique plus élevée était observée avec les biothérapies inhibitrices de l’interleukine-17.
Limites
Les données issues des bases médico-administratives ne contiennent pas d’informations cliniques et limitent l’évaluation aux anti-infectieux systémiques.
Conclusion
Les biothérapies sont associées à un faible risque global d’infection. Parmi celles-ci, l’ustekinumab et les inhibiteurs de l’interleukine-23 présentent le risque global le plus faible (délai jusqu’au premier événement hospitalier ou ambulatoire).
Tran Trong Khoi Le
Tat-Thang Vo
Émilie Sbidian
