Objectif
Évaluer l'association entre la durée d'exposition aux thérapies ciblées et le risque de cancer chez les patients atteints de spondyloarthrite (SpA), y compris le rhumatisme psoriasique, la SpA axiale et les autres sous-types.
Méthodes
Cette étude de cohorte nationale a utilisé la base de données de l'Assurance maladie pour identifier les adultes atteints de SpA ayant débuté une thérapie ciblée (inhibiteurs du facteur de nécrose tumorale [anti-TNF], inhibiteurs de l'interleukine 17 [anti-IL-17], anti-IL-12/23, anti-IL-23, inhibiteurs de JAK [anti-JAK]) entre janvier 2014 et septembre 2022. Les patients ayant un antécédent de cancer, une infection par le VIH ou une greffe d'organe ont été exclus. Le suivi débutait après un délai de trois mois et se poursuivait jusqu'en décembre 2024. L'exposition était évaluée chaque année et classée en ≤ 6 mois ou > 6 mois par an. Le critère de jugement principal était la survenue d'un cancer. Des modèles structuraux marginaux de Cox pondérés par l'inverse de la probabilité de traitement et de censure ont été utilisés. Une analyse de sensibilité post hoc a évalué les trajectoires d'exposition cumulée au cours du temps.
Résultats
Au total, 56 591 patients ont été inclus (53,9 % de femmes ; âge moyen ± ET 44 ± 13 ans ; suivi médian 5,0 ans). Au cours du suivi, 1 224 cancers sont survenus (1 029 solides, 116 hématologiques, 79 non classés). Une exposition > 6 mois par rapport à ≤ 6 mois était associée à un risque plus faible de cancer toutes localisations confondues (hazard ratio pondéré [wHR] 0,86, intervalle de confiance [IC] à 95 % 0,75-0,99). Dans les analyses en sous-groupes, cette association était observée pour les hémopathies malignes (wHR 0,65, IC à 95 % 0,42-0,99), mais pas pour les cancers solides (wHR 0,92, IC à 95 % 0,79-1,07). L'historique d'exposition cumulée n'était pas associé au risque de cancer.
Conclusion
Dans cette étude nationale, une exposition prolongée aux thérapies ciblées n'était pas associée à une augmentation du risque de cancer. Une exposition > 6 mois par an était associée à un risque de cancer plus faible, principalement pour les hémopathies malignes, tandis que l'exposition cumulée sur plusieurs années n'était pas associée au risque de cancer.
Karine Tankovic
