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Les phytophotodermatoses : un piège diagnostique méconnu des brûlures chimiques

Phytophotodermatitis: An under-recognized diagnostic pitfall in chemical burn
Introduction

Les phytophotodermatoses représentent une étiologie rare et peu connue de brûlure chimique. Elles consistent en une réaction cutanée non immunologique causée par une exposition à des végétaux contenant des substances photosensibilisantes, suivie d’une exposition aux rayons ultraviolets. Les symptômes cliniques ressemblent à ceux d’une brûlure au deuxième degré. De nombreux diagnostics différentiels sont possibles. Le diagnostic repose sur l’interrogatoire avec la mise en évidence d’une séquence temporelle comprenant une exposition à une substance phototoxique suivie d’une exposition à des rayons UV engendrant dans les heures ou jours qui suivent des manifestations cutanées inflammatoires. Le traitement est essentiellement symptomatique.

Objectifs

Cette étude vise à rapporter cinq cas de phytodermatose et à fournir une vue d’ensemble de son diagnostic et de sa prise en charge.

Méthodes

Nous rapportons les cas de 5 patients pris en charge dans le service de chirurgie plastique du CHU de Montpellier entre avril 2025 et mai 2024. Ont été colligés des données démographiques, le délai diagnostique, l’origine des phytophotodermatoses, la durée de prise en charge et de cicatrisation, l’éventuelle nécessité de chirurgie et les complications à long terme.

Résultats

Les espèces impliquées appartiennent à la famille des Apiaceae (2 cas), des Moracea (1 cas) et des Rutacea (2 cas). Le délai moyen d’apparition des symptômes était de 28,8 h. Les lésions se présentaient sous la forme d’érythème (5 cas), de vésicules (2 cas) ou de phlyctènes (3 cas). Un rinçage des lésions à l’eau et un traitement topique par dermocorticoïdes ont été réalisés systématiquement. Un patient a bénéficié de l’application d’émollient et un patient de pansements gras supplémentaires. Aucun patient n’a bénéficié de chirurgie pour cicatriser. Un patient a gardé une hyperpigmentation résiduelle séquellaire.

Conclusion

Les phytophotodermatoses représentent une étiologie méconnue de brûlure chimique. Devant des signes cliniques de brûlures au deuxième degré, un interrogatoire précis permet la mise en évidence de la séquence temporelle caractéristique et l’instauration d’un traitement adéquat rapide. En fonction de l’étendue et de la sévérité des symptômes, la prise en charge pluridisciplinaire, peut s’avérer nécessaire en centre de traitement des brûlés. Cette dernière repose sur l’administration de médicaments antalgiques et la réalisation de pansements contenant des dermocorticoïdes renouvelés jusqu’à cicatrisation complète. À terme, les séquelles peuvent être marquées par une hyperpigmentation cutanée pendant plusieurs années.

L'auteur de l'équipe Epilogy
Quentin Samaran

Les phytophotodermatoses : un piège diagnostique méconnu des brûlures chimiques

https://doi.org/10.1016/j.anplas.2026.01.006